Lundi 29 mai 2006 – Baruppu, un village au fond du pays toraja
De nombreux couverts sont préparés ce matin, dans la salle du restaurant. La jeune femme bouddhiste se fait attendre. Elle ne viendra pas…
Au programme aujourd’hui, rallier le village de Baruppu, au fin fond du pays Toraja, en haute montagne. Pour cela nous devons changer de véhicule et
prendre un véhicule tout terrain. Nous allons encore être passablement secoués. Cette excursion doit, d’après notre planning durer 2 jours. De ce fait, nous ne prenons que le strict minimum,
principalement notre matériel de chasse, et un pull supplémentaire sachant que nous allons être en altitude.
Le changement de véhicule se fait dans une rue de Rantepao. Nous montons dans un 4x4 vétuste conduit par un jeune indonésien. Dès la sortie de la ville, le chauffeur empreinte des routes étroites, en très
mauvais état qui se transforment souvent en pistes défoncées. Malgré notre éloignement de la ville, le paysage reste inchangé : interminables rizières ponctuées l’îlots d’arbres et de
bamnbous. Nous traversons de nombreux villages où les enfants nous regardent passer avec étonnement. Cela fait maintenant quatre heures que le véhicule nous secoue dans tous les sens tant la
piste est défoncée.

En arrivant dans un autre village traversé par une rivière, un pont est en cours de construction. La déviation se fait en contre bas, en passant à gué. Après un court moment d’hésitation, notre chauffeur négocie avec brio la descente abrupte, le gué étroit parsemé de blocs de pierre et la montée glissante qui termine ce passage.
Nous entrons enfin, au cœur d’un village, toujours à bord de notre véhicule, en passant entre deux greniers à riz faisant face aux maisons toraja traditionnelles. Le véhicule est déchargé. Roby se met en quête de porteurs. Le village de Baruppu (à presque 1500 mètres d’altitude) où nous devons aller, n’est pas accessible par la route, c’est donc à pied que nous allons finir notre voyage. Lourdement chargés, nous empruntons des chemins muletiers accompagnés par quelques villageois.
Sous un soleil torride, nous pénétrons dans Baruppu et déposons notre équipement au pied d’une magnifique maison toraja, à la façade magnifiquement sculptée et peinte.
De nombreux enfants accourent, pieds nus et vêtus d’habits sales, nous regardant avec curiosité, formant un cercle autour de nous. Certains nous touchent la peau, étonnés. Au loin, dans la pénombre de leur habitation, les adultes nous observent également. Notre guide nous explique que, dans ce village pauvre de montagne, les derniers touristes sont passés mois auparavant, ce qui explique la curiosité que nous suscitons. Il nous donne également le programme : chasse de nuit à l’écart du village, dans la montagne et retour le lendemain matin pour nous reposer dans une maison qui sert de gîte. Roby a des difficultés à trouver de nouveaux porteurs. Enfin, 3 personnes prennent en charge une partie de notre fardeau : alimentation, boisson, bâches, groupe électrogène et carburant. Jérôme leur offre quelques paquets de cigarettes.
Une heure de marche plus tard, après quelques pauses bien méritées tant le chemin que nous suivons est abrupt, suivant les conseils d’un des porteurs qui a déjà installé un piège à cet endroit, nous posons notre équipement. Cela ne me convient pas. Certes, le flan de la montagne, en face de nous est bien boisé, mais je crains que nos lampes ne soient pas assez puissantes pour attirer les insectes sur une distance de plusieurs centaines de mètres. Je continue donc plus en avant sur le chemin. Dix minutes plus tard, je trouve un emplacement plus intéressant : une trouée assez large qui domine une parcelle de forêt épargnée par les incendies qui ont considérablement dévastés cette région en 2003.
Je descends d’un pas rapide vers le reste de la troupe. Le drap est déjà installé. J’ai peur d’essuyer un refus de leur part. Mais à ma grande surprise, ils acceptent de recommencer leur travail à l’endroit que je leur propose.
Cette fois, le drap est tendu parallèlement à la pente et nos porteurs confectionnent un abri rudimentaire avec les bâches apportées, sur le bord enherbé du chemin. La longue nuit de chasse peut commencer. Le ciel est dégagé, la température est agréable en début de nuit. Les insectes arrivent rapidement. De nombreux Saturnidae des genres Cricula et Antherea arrivent successivement, rompant la monotonie des myriades de Geometridae, Noctuidae, Arctiidae qui volent autour des lampes avant venir noircir le drap blanc tant ils sont nombreux. C’est un vrai plaisir de collecter ainsi de nouvelles espèces. En prenant un peu de recul, je vois un magnifique mâle d’Actias maenas en haut d’un brin d’herbe, laissant pendre majestueusement ses longues queues dorées. Autour des lampes, les femelles de Chalcosoma atlas tournent longuement, se posent brièvement sur le drap et reprennent leur envol maladroitement. De peur qu’elles se fracassent sur les ampoules et qu’elles ne les brisent, nous les cachons sous le drap de sol où, à l’abri de la lumière elles restent sagement.
Monday May 29, 2006 - Baruppu, a village at the bottom of the toraja country
Monday May 29, 2006 - Baruppu, a village at the bottom of the toraja country
Many forks and spoons are prepared this morning, in the room of the restaurant. The Buddhist young woman is made wait. She will not come...
The program today is to rejoin the village of Baruppu, at the fine bottom of the Toraja country, in high mountain. For that we must change vehicle and travel by a cross-country vehicle. We still will be passably shaken. This excursion must, according to our planning to last 2 days. So we take only the bare minimum, mainly our material of hunting, and an additional sweater knowing that we will be in altitude.
The change of vehicle is done in a street of Rantepao. We go up in a decayed 4x4 led by a young Indonesian person. As of the exit of the city, the driver impressed of the narrow roads, in very bad condition which are often transformed into battered tracks. In spite of our distance of the city, the landscape remains unchanged: interminable punctuated rice plantations small islands of trees and bamboos. We cross many villages where the children look at us with astonishment. That made now four hours that the vehicle shakes us in all the directions so much the track is battered.
While arriving in another village crossed by a river, a bridge is in the course of construction. The deviation is done in against bottom, while passing to ford. After a short moment of hesitation, our driver negotiates with brilliance the abrupt descent, the narrow ford strewn with blocks of stone and the slipping rise that finishes this passage.
We enter finally, in a village, always on board our vehicle, while passing between two attics with rice facing the traditional toraja houses. The vehicle is discharged. Roby puts in search carriers. The village of Baruppu (with almost 1500 meters of altitude) where we must go, is not accessible by the road, it is thus by walking that we will finish our voyage. Heavily charged, we take mule tracks accompanied by some Indonesian guys.
Under a torrid sun, we penetrate in Baruppu and deposit our equipment in front of a splendid toraja house, with the frontage magnificiently carved and painted.
Many children run, naked feet and wearing dirty clothes, looking us with curiosity, forming a circle around us. Some touch our skin, astonished. With far, in the half-light of their dwelling, the adults also observe us. Our guide explains us that, in this poor village of mountain, the last tourists spent month before, which explains curiosity that we cause. It also gives us the program: drive out of night to the variation of the village, in the mountain and return the next morning to put back us in a house which is used as lodging. Roby has difficulties in find new carriers. Lastly, 3 people deal with part of our burden: food, drink, covers, power generating unit and fuel. Jerome offers a few packages of cigarettes to them.
One hour of walk later, after some well as well deserved pauses the way as we follow is abrupt, according to the councils of one of the carriers who already installed a trap at this place, we pose our equipment. That is not appropriate to me. Admittedly, the blank of the mountain, opposite us is quite wooded, but I fear that our lamps are not enough powerful to attract the insects at a distance of several hundred meters.
I thus continue ahead on the way. Ten minutes later, I find a site more interesting: one perforated rather broad which dominates a piece of forest saved by the fires which devastated considerably this area in 2003. I go down from a fast step towards the remainder of the troop. Cloth is already installed. I am afraid to wipe a refusal of their share. But with my great surprise, they agree to start again their work at the place that I propose to them.
This time, cloth is parallel to the slope and our carriers make a rudimentary shelter with the covers brought, on the grassed edge of the way. The long night of hunting can start. The sky is released; the temperature is pleasant at the beginning of night. The insects arrive quickly. Many Saturnidae of the kinds Cricula and Antherea arrive successively, breaking the monotony of the myriads of Geometridae, Noctuidae, Arctiidae which fly around the front lamps to come to blacken white cloth so much they are numerous. It is a true pleasure of thus collecting new species. By taking a little retreat, I see a splendid male of Actias isis in top of a grass bit, letting hang his long gilded tails. Around the lamps, the females of Chalcosoma atlas turn lengthily, are briefly posed on cloth and take again their take-off awkwardly. For fear they are crashed to pieces on the bulbs and that they do not break them, we hide them under the cloth of ground where, safe from the light wisely they remain.
