Dimanche 28 mai 2006 –
Le sortilège bouddhiste.

Il a été convenu de partir ce matin à 8 heures 30. Ce week-end, nous rencontrons pour la
première fois d’autres touristes dans la salle où le petit-déjeuner est servi. Arrivé les premiers, nous prenons nos places habituelles. Une place est libre en face de moi. Une jeune femme y
prend place. Nous discutons des faits de la dernière journée. Elle est néerlandaise. Elle nous questionne, en anglais, sur les raisons de notre présence au pays Toraja. Je lui explique que nous sommes français et que nous étudions les insectes. Elle me demande si nous capturons et surtout si nous tuons les
papillons que nous convoitons. Je lui réponds par l’affirmative en lui précisant toutefois la sélection qualitative de notre ponction. Etant bouddhiste, elle a du mal à accepter nos gestes d’ôter
ainsi la vie a des créatures vivantes. J’aurais pu, si la conversation fut en français, argumenter nos points de vue d’une manière plus soutenue. La conversation se termine avec l’arrivée de
Roby qui vient d’arriver.
Nous partons en voiture vers une plantation de café, appartenant à une société japonaise, située en bordure de forêt et qui d’après Roby, est un endroit très bien pour chasser. Les ‘routes’ de ce coté du pays Toraja sont également en bien mauvais état. Après avoir été pendant près d’une heure trente, secoués dans tous les sens, nous arrivons enfin à destination. Roby va négocier pour pouvoir accéder à l’intérieur de l’enceinte. Malheureusement, dimanche oblige, il n’y a pas de responsable et le gardien ne veut pas prendre d’initiative. Déçu, Roby nous conduit sur le chemin qui continue à monter vers la montagne. Il y a peu de papillons à cet endroit.
Nous remontons donc en voiture jusqu’à un pont qui enjambe un ruisseau. Quelques maisons sur
pilotis bordent la rive en amont. Roby nous conseille de remonter le cours d’eau car il y a de nombreux passages de lépidoptères qui
utilisent cette trouée naturelle dans la végétation. Quelques enfants nous suivent, curieux de savoir ce que nous venons faire là. Le site est intéressant, mais les gros nuages qui masquent le
soleil n’incitent pas les papillons à voler. Quelques libellules et demoiselles volent au dessus de l’eau. Sur les fleurs des arbustes, des Eurema
butinent tranquillement. Inutile d’insister, ce ne sont pas des conditions météorologiques favorables aujourd’hui.
Retour vers Rantepao pour le déjeuner
que nous allons prendre dans le restaurant local cher à Roby. Ayant goûté au Tuak, ‘bière
locale’ qui est en fait le jus récolté en coupant la tige d’une grappe de fruits d’un palmier et n’ayant pas du tout apprécier sont goût nous optons pour une vrai boisson : une bonne bière
Bintang. Mais, ici, dans ce sordide établissement, il n’y a qu’une seule bouteille disponible et de plus, elle est à température ambiante. Il nous
faudra donc la partager et la rafraîchir en mettant dans nos verres de gros blocs de glace. Roby nous conseille de manger uns spécialité
locale : riz blanc (bien sur) et du porc cuit dans des feuilles de bambous accompagnés de légumes de la forêt et de quelques piments. Amateur de bonne gastronomie s’abstenir. Tous les
morceaux du porc sont utilisés et nous avons été unanimes à ce sujet : croquer un gros cubes de gras à de quoi vous écoeurés à tout jamais de faire de nouvelles découvertes
gustatives.
Le temps ne s’améliore pas. Nous rentrons à l’hôtel pour mettre de l’ordre parmi nos
captures de la nuit et pour aérer et faire sécher les nombreux insectes déjà collectés au cours de cette semaine. Cet après-midi, il est prévu de partir chasser à l’est de Rantepao, près de la rivière de ce matin. Il nous reste un peu de temps libre et nous rejoignons le Riman
Restaurant pour déguster quelques bonnes bières.
Nous commençons à nous habituer à être malmenés par l’état déplorable des chemins qui mènent aux villages reculés du pays Toraja. Nous arrivons à la nuit tombée. Roby parlemente avec le chef du village pour que l’on puise installer notre piège sur un promontoire qui domine la rivière, bordée de nombreux arbres, qui traverse les rizières. Pour accéder à cet endroit, nous empruntons les digues qui délimitent les rizières. Le chemin est assez glissant et semé de passage périlleux : troncs d’arbres servant de passage d’une digue à une autre, énormes blocs de pierre à escalader.
Le piège est rapidement monté : les bambous poussent spontanément. Il est donc facile de couper de longues perchent qui servent à tendre le drap et à supporter les lampes. La lumière attire des nombreux villageois, hommes et enfants heureux d’avoir une distraction nocturne ce dimanche soir.
Cette fois-ci, les insectes sont peu nombreux à être attirés par nos lampes. Rares sont les sphinx et les Chalcosoma qui parviennent jusqu’au drap. Les nombreux gamins, indisciplinés, capturent à pleines mains les délicats papillons qui approchent, pour nous les apportés, complètement détruits. Certains conservent précieusement leur proie et les démantèlent pièces par pièces. Un autre, s’amuse à tuer, un gros coléoptère, à la sortie du pot d’échappement du groupe électrogène. C’est un véritable désastre.
Notre supplice se termine par une panne providentielle du générateur, qui après une violente détonation s’arrête subitement. Nous rangeons tout notre matériel et parcourons, à la lueur de nos lampes frontales, les nombreuses digues qui nous séparent de la route. Notre malheur n’est pas terminé. Un des pneus est crevé. Plusieurs villageois aident Doyo à réparer, en soulevant l’avant du véhicule. Leur solidarité est exemplaire et leur intervention très efficace.
Il est à peine 10 heures lorsque nous nous retrouvons sur la terrasse de l’hôtel pour nous désaltérer avec les Bintang que nous avions prévu pour notre chasse de nuit.
Jérôme évoque la malédiction et le mauvais sort que la jeune femme bouddhiste de ce matin a
certainement dû nous lancer, afin de protéger la vie des insectes que nous aurions dû trouver.
Sunday May 28, 2006 - the Buddhist magic spell.
Sunday May 28, 2006 - the Buddhist magic spell.
It was agreed to leave this morning at 8 a.m. 30. This weekend, we meet for the first time of other tourists in the room where the breakfast is been useful. Arrived the first, we take our usual places. A place is free opposite me. A young woman takes seat there. We discuss the facts of the last day. It is Dutchwoman. She questions us, in English, on the reasons of our presence in the Toraja country. I explain to him that we are French and that we study the insects. She asks to me whether we capture and especially if we kill the butterflies which we covet. I answer him by the affirmative by specifying to him however the qualitative selection of our puncture. Being Buddhist, it has evil to agree our gestures to thus remove the life have alive creatures. I could, if the conversation were in French, have argued our points of view in a more constant way. The conversation finishes with the arrival of Roby.
We leave by car towards a coffee plantation, pertaining to a Japanese company, located in edge of forest and which according to Roby, is a very good place to catch. The `roads’of this with dimensions of the Toraja country are also in quite bad condition. After during nearly one hour thirty, being shaken in all the directions, we arrive finally at destination. Roby will negotiate to be able to reach inside the enclosure. Unfortunately, Sunday obliges, there is no person in charge and the guard does not want to take initiative. Disappointed, Roby leads us on the way which continues to go up towards the mountain. There are few butterflies at this place.
We thus go up conveys some to a bridge which spans a brook. Some houses on pile border bank upstream. Roby advises us to go up the river because there are many passages of butterflies which use this perforated natural in the vegetation. Some children follow us, curious to know what we come to do there. The site is interesting, but the large clouds which mask the sun do not encourage the butterflies to fly. Some dragonflies and young ladies fly at the top of water. On the flowers of the shrubs, some Eurema are eating quietly. Useless to insist, they are not favourable weather conditions today.
Return towards Rantepao for the lunch which we expensive will take in the local restaurant with Roby. Having tasted with Tuak, ` local beer’ which is in fact the juice collected while cutting the stem of a bunch of fruits of a palm tree and not having to appreciate at all are taste we choose true a drink: a good Bintang beer. But, here, in this sordid establishment, there is only one bottle available and moreover, it is at ambient temperature. It will thus be necessary for us to divide it and refresh it while putting in our glasses of large blocks of ice. Roby advises us to eat ones local speciality: white rice (well on) and of the pig cooked in sheets of bamboos accompanied by vegetables of the forest and some peppers. Amateur of good gastronomy have to abstain. All the pieces of the pig are used and we were unanimous on this subject: to crunch large cubes of fats to what you nauseated forever to make new gustatory discoveries. Time does not improve.
We return to the hotel to put order among our captures of the night and to air and make dry the many insects already collected during this week. This afternoon, it is envisaged to leave to drive out in the east of Rantepao, close to the river of this morning. There remains to us a little spare time and we join Riman Restaurant to taste some good beers.
We start to accustom us to be abused by the deplorable state of the roads which carries out to the moved back villages of the Toraja country. We arrive at the fallen night. Roby talk with the chief of the village so that one draws to install our trap on a headland which dominates the river, broadside of many trees, which crosses the rice plantations. To reach this place, we borrow the dams which delimit the rice plantations. The way slipping and is sown enough perilous passage: tree trunks being used as passage of a dam with another, enormous blocks of stone to be climbed.
The trap is quickly assembled: the bamboos push spontaneously. It is thus easy to cut the long ones perch which is used to tighten cloth and to support the lamps. The light attracts many villagers, men and children happy to have a night distraction this Sunday evening.
This time, the insects are very few with being attracted by our lamps. Rare are the sphingides and Chalcosoma which arrive to cloth. The many kids, undisciplined, capture with full hands the delicate butterflies which approach, for us brought, completely destroyed. Some preciously preserve their prey and coins by coins dismantle them. Another has fun to kill, a large coleoptera, on the outlet side of the muffler of the power generating unit. It is a true disaster.
Our torment ends in a providential breakdown of the generator, which after a violent detonation stops suddenly. We arrange all our material and traverse, with the gleam of our head lights, the many dams which separate us from the road. Our misfortune is not finished. One of the tires is burst. Several villagers help Doyo to repair, while rising before vehicle. Their solidarity is exemplary and their very effective intervention.
It is 10 hours when we find ourselves on the terrace of the hotel to refresh us with Bintang which we had provided for our hunting of night.
Jerome evokes the curse and the bad fate that the Buddhist young woman of this morning had certainly to launch us, in order to protect the life from the insects which we should have found.
