Jeudi 1 juin 2006 – Des entomologistes devenus touristes
Quel bonheur de passer une nuit réparatrice dans un lit douiller ! Mes doigts caressent longuement les draps pour mieux apprécier cette douceur de vivre dans le confort. Les bruits de la ville, cris des enfants, chants des coqs, vrombissements des moteurs me semblent aujourd’hui fort agréable. Je m’étonne de flâner ainsi. Ce n’est pas dans mes habitudes ! Il faut reprendre des forces car nous sommes qu’à la moitié du voyage.
Je sors de ma chambre vers 11 heures. Seb et Jérôme ne sont pas encore levés. Eux aussi ont besoin de récupérer. Seul sur le balcon, je fais le point sur les collectes effectuées durant les trois jours de notre expédition en montagne. Les papillotes renfermant les précieux papillons sont numérotées une à une. Il est important de connaître précisément les lieux et dates de captures. Les sauterelles (abdomen vidé et rempli de coton) sont délicatement mises sur des couches. Les punaises et cigales les rejoignent peu de temps après. Il faut ensuite extraire du bocal à éther les coléoptères et les séparer des rognures de liège. Une fois le tri effectué, ils seront également mis en couches (emballage en carton garni d’une couche d’ouate).
A leur réveil, Jérôme puis Sébastien viennent me rejoindre et nous parlons à nouveau des différentes péripéties de notre trip qui vient de se terminer. Demain nous partons vers le nord : la province de centre Sulawesi et ensuite Palu. Nous allons déjeuner pour la dernière fois au Riman Restaurant qui est devenu notre quartier secondaire en ville. Alors que Jérôme et moi-même commandons des mie-goreng (pâtes), Séb ne peut s’empêcher de prendre des brochettes de Babi (porc) accompagnées de frites ! Les bonnes frites du Nord lui manqueraient-elles déjà ???
Aujourd’hui, nous avons demandé à Doyo de nous conduire, en début d’après midi, dans un village voisin pour acheter quelques souvenirs, avant de quitter le pays Toraja. Roby doit nous rejoindre vers 16 heures 30 pour aller piéger
Doyo, ponctuel, nous mène jusqu’à Ke’te Kesu’. C’est un beau village toraja très
touristique. En arrivant, sous la pluie, sur l’immense parking permettant le stationnement de nombreux bus et de voitures, nous nous attendons à être
mêlés à un flot de touristes.

La pluie redouble. Nous patientons plus d’un quart d’heure à l abri d’un grenier à riz, à l’entrée du village. Profitant d’une accalmie, notre visite commence. De petits commerces sont dissimulés entre les maisons toraja. Les objets à vendre sont issus de l’artisanat local : cendriers, boites, poupées, porte-clés sculptés dans le bois et vivement peintes des couleurs traditionnelles.

Les prix sont dérisoires. Nous pensons que nous allons pouvoir acheter tout le village avec les rupiahs que nous avons en poche. Les gens sont sympathiques et
très dévoués. Nous essayons dans la mesure du possible d’acheter des objets dans différentes boutiques bien que nous sachions que l’argent provenant de toutes les ventes servent iront dans une
caisse commune de tous les villageois. Ils nous invitent à aller voire leur cimetière situé en bas d’une falaise à l’arrière des maisons. Un immense
tombeau en béton apparaît le long de l’allée bétonnée glissante. C’est la sépulture du chef du village qui fut une également le chef du district. Pour ses funérailles, une centaine de buffles
furent sacrifiés.
Protégés par le surplomb de la falaise, des cercueils éventrés, laissant apparaître ossements et crânes, gisent à proximité des marches.
Ils étaient portés par des poutres insérées dans des loges taillées dans la pierre. Les années ont eu raison de leur solidité. Des cigarettes sont déposées en guise d’offrande.
Nous repassons par les commerces et offrons à Doyo un tee-shirt qu’il s’empresse d’enfiler.
Nous devons retourner à Rantepao car Roby nous attends. Nous allons piéger ce soir dans une plantation de cacao. Doyo s’arrête près d’une maison isolée. Elle domine une profonde vallée et a une vue époustouflante sur la montagne boisée toute proche. Il fait déjà nuit. Les lampes sont allumées sous la pluie qui commence à tomber. L’abri n’est pas encore monté. Couverts de nos ponchos, nous épions les rares insectes attirés. Nous essayons de mettre en papillote les quelques papillons capturés tout en nous protégeant de la forte pluie tropicale qui ne cesse pas. Nous prenons notre repas, debout, serrés les uns contre les autres sous le petit serré de bâche qui nous protége des trombes d’eau.
Il est 11 heures, inutile d’insister ce soir. Le piège démonté, Doyo laisse le groupe électrogène alimenter la lampe toujours fixée au bout de la longue perche de bambou que porte Roby pour éclairer notre chemin le long de la falaise abrupte.
Retour à l’hôtel pour une vraie nuit de repos.
Thursday June 1, 2006 - entomologists become tourists in Kete Ke'se
Thursday June 1, 2006 - entomologists become tourists
What a happiness to spend one repairing night in a soft bed! My fingers lengthily cherish cloths for better appreciating this softness of living in comfort. The noises of the city, cries of the children, songs of the cocks, humming’s of the engines seem to me extremely pleasant today. I am astonished to stroll thus. It is not in my practices! Forces should be taken again because we are that with half of the voyage.
I leave my room around 11 a.m... Seb and Jerome are not picked up yet. They also need to recover. Alone on the balcony, I give a progress report on the collections carried out during the three days of our forwarding in mountain. The curlpapers containing the invaluable butterflies are numbered with one. It is important to precisely know the places and dates of captures. The grasshoppers (abdomen emptied and filled with cotton) are delicately put on layers. The bugs and cicadas join them afterwards little time. It is then necessary to extract from the ether bottle the coleoptera and to separate them from the clippings from cork. Once the sorting carried out, they will be also put in layers (packing out of paperboard furnished with a layer of wadding).
When they awake, Jerome then Sebastien comes to join me and we speak again about the various adventures of our trip which has just finished. Tomorrow we leave towards north: the province of center Sulawesi and then Palu. We will lunch for the last time at Riman’s Restaurant which became our secondary district downtown. Whereas Jerome and myself order crumb-goreng (pastas), Séb cannot be prevented from taking skewers of Babi (pig) accompanied by chips! Good chips of North of France, it would they already miss???
Today, we asked Doyo to lead us, at the beginning of after midday, in a nearly village to buy some memories, before leaving the Toraja country.
Roby must join us around 4 p.m. 30 to go to trap Doyo, specific, carries out us until Kete Ke’se. It is a beautiful very tourist village toraja. While arriving, under the rain, on the immense carpark allowing the parking of many buses and cars, we expect to be mingled with a flood with tourists.
The rain redoubles. We have patience more than one fifteen minutes under an attic with rice, with the entry of the village. Benefitting from a lull, our visit starts. Small trade are dissimulated between the houses toraja. The objects to be sold result from the local arts and crafts: ashtrays, limp, headstocks, key-rings carved in wood and highly painted traditional colours.
Prices are ridiculous. We think that we will be able to buy all the village with the rupiahs which we have in our pocket. People are sympathetic nerves and very devoted. We try as far as possible to buy objects in various shops although we know that the money coming from all the sales are useful will go in a common case of all the villagers. They invite us to even go their cemetery located in bottom of one cliff at the back of the houses. An immense concrete tomb appears along the slipping concreted alley. It is the burial of the chief of the village which was also the chief of the district. For its funeral, a hundred buffaloes were sacrificed.
Protected by the overhang from cliff, of the broken coffins, letting appear bones and craniums, lie near the steps. They were carried by beams inserted in cabins cut in the stone. The years were right of their solidity. Cigarettes are deposited in own way of offering.
We pass by again by the trade and offer to Doyo a tee-shirt which it hastens to slip on.
We must turn over to Rantepao bus Roby await us. We will trap this evening in a cocoa plantation. Doyo stops close to a detached house. It dominates a deep valley and has a sight on the mountain wooded near. It makes already night. The lamps are lit under the rain which starts to fall. The trap is not assembled yet. Covered with our ponchos, we take a look to the rare attracted insects. We try to put in curlpaper the few captured butterflies all while protecting us from the strong tropical rain which does not cease. We take our meal, upright, tight the ones against the others under the small tight one of cover which protected us from the cloudburst.
It is 11 a.m., useless to insist this evening. The dismounted trap, Doyo lets the power generating unit supply the lamp always fixed at the end of the long pole of bamboo which Roby carries to light our way along abrupt cliff.
