Le commerce des Insectes
Jouissant d’un climat équatorial humide, le Sud-Est asiatique possède une flore particulièrement riche et diversifiée. La faune n’est
pas en reste et profite de cette biodiversité pour s’exprimer tout autant. Mammifères, oiseaux et reptiles trouvent, sous ses climats, des conditions favorables à leur développement, sans oublier
les insectes qui sont à la base de nombreuses chaînes alimentaires.
Dans des pays où l’urbanisation n’a pas encore un impact aussi désastreux que celui des pays industrialisés, les vastes forêts vierges
attirent les entomologistes – personnes qui étudient les insectes –nombreux en Europe, aux USA et au Japon. La Thaïlande , la Malaisie et surtout l’Indonésie, de par sa géographie, sont les
principaux états réputés pour leur richesse en insectes.
Forêt primaire en centre Sulawesi. Les ouvertures faites comme ici pour l'installation d'un relais
téléphonique, permettent bien souvent aux entomologistes d'avoir accés au coeur de la forêt qui est souvent impénétrable.
Ayant un rapport beaucoup plus étroit avec le nature, les asiatiques connaissent mieux leur environnement que nous, européens. De
plus, ayant pris conscience de l’intérêt porté pour les insectes par les héritiers de Darwin et de Buffon, c’est tout naturellement qu’ils sont devenus, à leur tour, chasseurs, trouvant ainsi un
moyen de subvenir à leurs besoins quotidiens.
L’organisation de ce réseau reste relativement simple.
Les paysans et les cultivateurs travaillent tous les jours de l’année dans leur plantation, proches des biotopes naturels encore assez
préservés. Leurs cultures attirent les insectes phytophages ravageurs ou servent de refuges à de nombreuses bestioles. Il suffit que dans le village, une personne ait pris conscience qu’un
insecte peut être une source de revenu complémentaire à son activité, pour que tout le village se mette en quête de ces précieux animaux.
Une personne possédant un véhicule se charge alors de rassembler les captures, de les conditionner et de les transmettre à un marchand
ayant pignon sur rue dans le pays.
Ce dernier honorera les commandes passées par des entomologistes de tous horizons. Le développement récent d’Internet permet de mettre
en relation directement les marchands et les entomologistes, court-circuitant ainsi les autres revendeurs européens.
Négociation chez un revendeur de Bantimurung. Prix établis par rapport à une liste de prix de référence. Ce n'est pas ici que l'on
peut négocier la moindre remise. Nous avons fait de meilleures affaires avec les villageois dans les montagnes de Palolo.
Les collecteurs à la base ne touche que quelques centaines de rupiahs, l’équivalent des centimes d’euros pour un insecte, versé par la
personne qui rassemble les insectes. Celui-ci va en tirer un bénéfice beaucoup plus important, multipliant aisément par 2 à 3 son prix de vente par rapport à ce qui a été versé aux paysans. Mais
c’est à l’étape suivante que l’on constate une envolée des prix. Nous avons maintenant à faire à des personnes ayant des connaissances suffisantes pour mettre un nom sur la plupart des insectes
qui passent entre leurs mains. Cette détermination leur permet de vendre à l’unité les insectes alors que le négoce se faisait précédemment que par lot. Prenant conscience de la rareté de
certaines espèces, donc de leur valeur, les pris s’envolent sensiblement. Le prix d’un insecte est donc variable et fluctue en fonction de l’offre et
de la demande.
Un insecte rarement collecté, parti des mains du paysan indonésien pour une modeste somme de 50 centimes d’euros, le même insecte sera
vendu dans les bourses entomologiques internationales, pour plusieurs dizaines d’euros…..
Sélection des papillons (conditionnés en papillotes = triangle de papiers servant d'enveloppe de protection) chez un autre commercant de Batimurung n'ayant pas pignon sur
rue.
Conscients de cette dérive, certains entomologistes préfèrent faire le voyage pour collecter directement ou pour acheter, à bas prix,
auprès des gens de la terre ou des petits collecteurs, les animaux convoités. Hormis le fait d’enrichir nos collections et nos connaissances scientifiques sur cette faune, être en contact avec la
population locale permet un échange culturel incomparable.
N’est ce pas une forme de commerce équitable que d’acheter directement aux ‘producteurs’ et de s’entourer d’autochtones qui nous
guideront pendant plusieurs semaines durant notre voyage ?
Pour ma part, c’est une formule que je privilégie, même si le résultat d’une expédition n’est pas assuré et même si cela
comporte de nombreux risques. Les souvenirs restent impérissables surtout lorsque l’on prend le temps de les rédiger.
Un des moments forts de notre séjour
prés du lac Poso, le partage d'un repas, un soir de piégeage de nuit, avec quelques habitants du village. Sébastien à gauche dégustant un verre de Tuak servi par Pa'olan, à droite,
chasseur d'animaux sauvages. Au sol, bouteilles de bière indonésienne et rhum (dans la bouteille d'eau) permettent des échangent plus conviviaux.
Une page internet à lire à tout prix pour se faire une idée des aspect positifs
de la récolte des papillons en Papouasie
http://pronaturafrance.free.fr/papillon.html
A voir également la page spéciale du Blog de Véro & Eddy qui ont aimablement publiés ce même article avec une mise en page
très sophistiquée.
Trade of the Insects
Enjoying
a wet equatorial climate, the South-East Asia has a particularly rich and diversified flora. Fauna is not remains and benefits from it from this biodiversity to express itself as much. Mammals,
birds and reptiles find, under its climates, of the conditions favorable to their development, without forgetting the insects which are at the base many food chains.
In
countries where the urbanization does not have yet an impact as disastrous as that of the industrialized countries, the vast virgin forests attract the entomologists - people who study the
insects - many in Europe, in the USA and Japan. Thailand, Malaysia and especially Indonesia, from its geography, are the principal states considered for their wealth of insects.
Primary
forest centers Sulawesi of it. The openings made like here for the installation of a telephone relay, very often make it possible to the entomologists to have accesses in the middle of the forest
which is often impenetrable.
Having a
relationship much closer with nature, the Asian ones know their environment better that us, European. Moreover, having become aware of the interest carried for the insects by the heirs to Darwin
and Buffon, it is quite naturally that they became, in their turn, hunters, thus finding a means of providing for their daily needs.
The
organization of this network remains relatively simple.
The
peasants and the farmers work the every day of the year in their plantation, close to the natural biotopes preserved still enough. Their cultures attract the devastating phytophagous insects or
are used as refuges with many small beasts. It is enough that in the village, a person became aware that an insect can be a source of income complementary to its activity, so that the entire
village puts in search these invaluable animals.
A person
having a vehicle then undertakes to gather the captures, to condition them and to transmit them to a merchant being prosperous and highly respected in the country.
This
last will honor the orders placed by entomologists with all horizons. The recent development of Internet makes it possible to directly connect the merchants and the entomologists, thus
shorting-circuit the other European retailers.
Negotiation
in a retailer of Bantimurung. Prices established compared to a price list of reference. It is not here that one can negotiate the least given. We made better deals with the villagers in the
mountains of Palolo.
The
collectors at the base touches only a few hundreds of rupiahs, the equivalent of the centimes of euros for an insect, poured by the person who gathers the insects. This one will draw a benefit
much more important from it, multiplying easily by 2 at 3 its selling prices compared to what was versed to the peasants. But it is at the following stage that one notes a flight of the prices.
We have now to make with people having sufficient knowledge to put a name on the majority of the insects which pass between their hands. This determination enables them to sell with the unit the
insects whereas the trade was previously made that by batch. Becoming aware of the scarcity of certain species, therefore of their value, taken fly away appreciably. The price of an insect is
thus variable and fluctuates according to supply and of.
An
insect seldom collected, left with the hands of the peasant indonésien for a modest amount of 50 centimes euros, the same insect will be sold in the international entomological purses, for
several tens of euros .....
Selection
of the butterflies (conditioned in curlpapers = paper triangle being used as shell) in another tradesman of Bantimurung not being prosperous and highly respected.
Conscious of this
drift, certain entomologists prefer to make the voyage to collect directly or to buy, at low prices, near people of the ground or the small collectors, the coveted animals. Except the fact of
enriching our scientific collections and our knowledge on this fauna, to be in liaison with the local population allows an incomparable cultural exchange.
Is this
step an equitable form of trade only to buy directly with the `producing' and to surround themselves by autochtones which will guide to us during several weeks during our voyage?
For
my part, it is a formula which I privilege, even if the result of forwarding is not assured and even if that involves many risks. The memories especially remain imperishable when one takes time
to write them.
One
of the strong moments of our stay close to the lake Poso, the sharing of a meal, one evening of trapping of night, with some inhabitants of the village. Sebastien on the left tasting glass of
Tuak been useful by Pa' olan, on the right, hunter of savage animals. On the ground, beer indonésienne bottles and rums (in the water bottle) allow exchange user-friendly.
A page Internet with reading at all costs to have an idea of the positive aspect of the harvest of the butterflies in New Guinea
http://pronaturafrance.free.fr/papillon.html
To also see the special page of Blog de Véro & Eddy which pleasantly published this same article with a very sophisticated
page-setting.
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